Europe : les Constructifs vantent l’axe Juppé-Macron

Alain Juppé rencontrera les membres d’Agir le 11 avril à Paris et ce sera un « signal fort » envoyé en faveur de la constitution d’une liste centrale pour les élections européennes de juin 2019.


Par Emmanuel Galiero
Source : Le Figaro publié le 30/03/2018

Les Constructifs en sont convaincus et assument clairement leur adhésion à l’axe Juppé-Macron.

« L’idée d’une liste centrale nous paraît pertinente. Je crois savoir que pour La République en marche aussi, c’est quelque chose qui a du sens. Nous allons y travailler dans les semaines qui viennent » a annoncé le député de Seine-et-Marne Franck Riester jeudi, à l’issue du premier séminaire d’Agir. D’ailleurs, il n’écarte pas non plus la possibilité d’œuvrer avec les partis de la majorité, UDI et MoDem, pour bâtir une liste de rassemblement favorable à « plus d’Europe ».

Fabienne Keller, en charge du projet européen d‘Agir, doit rencontrer Alain Juppé à Bordeaux, dans « les prochains jours ». « Sur l’Europe, il est vraisemblable que nous aurons de très fortes convergences », estime la sénatrice du Bas-Rhin, avant de préciser que si cette liste centrale sera le reflet de « toutes les sensibilités », Agir restera ferme sur son positionnement politique au centre droit. « Nous nous reconnaissons dans la colonne vertébrale du PPE », ajoute l’élue. Agir a entrepris des démarches à Bruxelles pour rejoindre le Parti populaire européen, mouvement de droite et de centre. Une rencontre a été organisée avec son président, Joseph Daul. « Il nous a dit qu’il voyait ça d’un bon œil », assure Franck Riester.

Outre Tokia Saïfi, députée européenne et membre d’Agir, les Constructifs comptent sur d’autres députés européens « très proches » de leurs idées. Parmi les noms cités, apparaissent Alain Lamassoure, Arnaud Danjean, Elisabeth Morin-Chartier et Jérôme Lavrilleux. « Finalement, ces élus sont au cœur de la ligne du PPE qui est finalement très différente de celle de Laurent Wauquiez. L’Europe a besoin d’être rénovée, mais ce n’est pas avec moins d’Europe qu’on y arrivera. C’est avec plus d’Europe et plus d’intégrations européennes », insiste Riester. Lors du déjeuner organisé discrètement à l’Élysée le 28 février, avec neuf autres maires LR, Agir et UDI « Macron-compatibles », Riester, maire de Coulommiers, avait exposé au chef de l’État son soutien à l’idée d’une liste centrale pour « peser au niveau du Parlement européen et laisser les eurosceptiques chez eux, dans leurs divisions ».

Selon Fabienne Keller, la montée en puissance des « populistes d’extrême droite et d’extrême gauche » au Parlement européen constitue un « risque réel ». « Avec une majorité de blocage, ils pourraient bloquer de nombreux textes », redoute la sénatrice.

Très vite, Agir lancera un groupe de travail sur l’Europe avec les responsables de son « pôle idées », les parlementaires Tokia Saïfi, Fabienne Keller et Olivier Becht, député du Haut-Rhin. Le parti, qui fonctionne pour l’instant avec des bénévoles, veut s’appuyer sur l’UDI, son partenaire à l’Assemblée nationale, alors qu’au Sénat, il s’est associé aux Indépendants, présidés par le sénateur de l’Allier Claude Malhuret.

Au sein d’Agir, Frédéric Lefebvre croit en la « dévitalisation » des Républicains et en l’apparition de nouvelles alliances aux européennes, illustrant la reconstruction de la droite. L’idée d’une liste centrale, bâtie sur un axe Juppé-Macron, s’inscrirait dans une « vision collaborative ». D’ailleurs, Agir tend la main à Valérie Pécresse (Libres !), Xavier Bertrand (La Manufacture) et Christian Estrosi (La France audacieuse). Trois animateurs de mouvements d’idées. Sans compter Alain Juppé, et ses Vendanges de Bordeaux. Pour Lefebvre, l’ex-premier ministre serait un précurseur sur l’Europe. « Alain Juppé a dit, presque le premier, combien il était essentiel d’avoir une logique centrale. »