Les vœux de Jacques JP Martin aux Nogentaises et Nogentais

Après avoir remercié les élus et les agents de l’administration communale pour leur engagement et le travail accompli collectivement au service des habitants, le maire de Nogent a présenté ses vœux en abordant plusieurs sujets majeurs de notre société : la sécurité et la lutte contre le terrorisme, la fraternité et la démocratie participative locale, soutien indispensable à la démocratie. Dans son intervention, il a également souligné le fait métropolitain et la nécessité pour Nogent de passer de la ville connectée à la « ville intelligente » en tenant compte des transitions énergétiques et écologiques.

Chers amis,

C’est avec plaisir que je vous accueille avec les élus du Conseil municipal et les représentants de l’administration communale, pour une cérémonie placée sous les thèmes indissociables de la solidarité et de la fraternité.

Les douze mois qui se sont écoulés depuis notre dernière rencontre de début d’année ont été marqués, une nouvelle fois, par des attentats terroristes sanglants, provoquant une succession de drames dans notre communauté nationale. Nos pensées doivent aller avant tout vers les victimes et les survivants de ces actes inqualifiables.

L’année 2016 ne fut pas une année heureuse pour notre pays et pour notre continent, aux portes duquel se déroule une guerre contre nos démocraties par plusieurs formes de terrorisme.

La violence meurtrière s’est invitée dans notre vie quotidienne. Pendant le même temps, les massacres organisés des populations de Syrie et les disparations de migrants en Méditerranée sont devenus si habituels dans les réseaux d’information, qu’une indignation chasse la précédente sans la possibilité de partager une émotion plus que légitime !

Cette violence de doit pas être considérée comme une fatalité, nous ne pouvons plus nous résoudre à compter les enfants, les femmes et les hommes tués lâchement par une logique d’anéantissement décidée par les terroristes islamistes radicaux. Nous devons nous considérer tous égaux face à la barbarie aveugle qui a volé la vie de nombreuses victimes innocentes.

Vous et moi devons aussi souhaiter que la communauté internationale, et tout d’abord la communauté européenne qui a beaucoup de mal à exister face à cette déferlante, s’accordent pour se mobiliser solidairement, pour s’attaquer aux racines d’un mal qui est présent au Moyen-Orient et ici chez nous.

Un sursaut est nécessaire dans la lutte contre le terrorisme à l’intérieur comme à l’extérieur de nos frontières. Il ne faudrait pas, qu’excédés, avec le sentiment de ne pas être protégés, que nos concitoyens soient prêts à accepter une remise en cause de nos valeurs par des choix extrêmes en 2017.

Bien au contraire, il faut s’unir et se rassembler dans la dignité et sauver notre démocratie républicaine, la laïcité de notre société qui protège la liberté et les choix de chacun à titre privé, nos modes de vie, moteurs du bien vivre ensemble.

Puisse qu’après les différentes élections primaires qui vont conduire à l’élection présidentielle, nous puissions nous retrouver pour faire face aux défis que nous devons relever individuellement et collectivement.

Ne ratons pas le rendez-vous de l’élection présidentielle, car 2017 sera la dernière occasion de briser la spirale du déclin dans l’objectif d’un sursaut salutaire. Nous n’avons pas le choix, nous devons nous unir, nous rassembler pour survivre, pour vivre !

Notre pays est rongé par de nombreuses contradictions, destructrices de notre société. Il faudra que notre futur président et la future majorité parlementaire affrontent avec courage les causes du chômage de masse, la dégradation de notre système éducatif, le terrorisme et les zones de non droit en matière de sécurité.

Quoi de plus enthousiasmant que de tout mettre en œuvre pour offrir aux enfants de France un bel avenir !

Mais il ne peut pas y avoir de bel avenir sans sécurité et sans art de vivre !

La lutte contre l’insécurité, la délinquance et les actes de terrorisme commence chez nous.

Nous devons avoir le courage de reconnaître que les doutes, les pertes de confiance, le scepticisme, voire la peur et la désespérance ambiante, notamment de certains de nos concitoyens qui se sentent seuls, exclus, reflètent une crise de gouvernance chez nous et dans le monde libéral.

Nos démocraties et leurs gouvernants sont hésitants, et apparaissent aux peuples incapables de répondre à leurs inquiétudes, de les protéger face aux grands défis mondiaux, au ralentissement économique, aux flux migratoires. D’où la montée du populisme, du repli sur soi, les insurrections électorales, les besoins latents de gouvernances plus autoritaires !

J’en suis convaincu, le combat contre le doute commence chez nous, dans nos communes. C’est dans nos villes que nous devons trouver la foi en un avenir collectif, l’espérance, l’écoute, le dialogue, le sentiment d’appartenir à une communauté où le bien vivre ensemble est un choix partagé.

J’ai fait le pari d’associer deux éléments dont vous pouvez mesurer progressivement les effets bénéfiques sur la confiance individuelle : la démocratie participative, seule capable de légitimer notre démocratie, et la sécurité des biens et des personnes.

Nous avons pu maintenir nos grands rendez-vous et nos événements festifs, facteurs de cohésion sociale et de convivialité. Cela a été possible grâce à une collaboration renforcée entre les forces de sécurité de l’État (police nationale et militaires de l’opération sentinelle) et la police municipale qui est armée et présente 7 jours sur 7 sur le terrain. Les brigades ont été affectées par quartier, pour être au plus près des habitants.

Le système de vidéoprotection / vidéosurveillance, mis en place dans la ville il y plusieurs années, fonctionne 24 heures sur 24. Il sera renforcé cette année avec un total de 119 caméras. Il est un élément indispensable à notre sécurité.
Les membres du conseil municipal ont pour mission d’être à l’écoute de leurs voisins, des habitants de leur quartier, de participer aux conseils de quartier et aux instances participatives.

En plus des conseils de quartier, nous avons le Conseil des Jeunes Nogentais (12 à 18 ans) qui doit permettre à des adolescents venus d’horizons différents d’échanger des idées, de devenir des acteurs de la vie de leur ville et des relais de la jeunesse. De l’autre côté de la pyramide des âges, le Conseil des Sages associe les seniors en repositionnant leur place dans la société, dans une dynamique intergénérationnelle.

Les rencontres de quartier, biannuelles, permettent un débat direct entre élus et citoyens ; les commissions extramunicipales thématiques (culture, sport, développement durable) sont aussi riches en échanges et idées.

Notre démocratie participative et donc bien vivante.

J’ajouterais un élément indispensable à notre dynamique : la richesse et la diversité de la vie associative, élément majeur de cohésion sociale. Qu’il me soit permis de remercier l’ensemble des bénévoles qui s’investissent tout au long de l’année, offrant aux autres leur temps et leurs savoir-faire.

Quelques mots sur la Métropole du Grand Paris et les territoires qui la composent

Nous avons perdu beaucoup de temps à discuter de la gouvernance métropolitaine d’un territoire aux richesses potentielles importantes, avec 25 % du PIB de la France, mais aux inégalités sociales et structurelles préoccupantes entre les communes.
L’organisation territoriale précédente n’a pas permis de réduire ces inégalités, notamment en matière d’emplois, de logements, de déplacements. Plusieurs maires de banlieue et le maire de Paris ont pris l’initiative, il y a une dizaine d’années, de travailler ensemble, pour obtenir la reconnaissance du fait métropolitain dans la zone dense au cœur de l’Île-de-France.

Mais les lois qui ont été imposées n’ont pas tenu compte de leurs propositions. L’organisation administrative est complexe, la répartition des compétences n’est pas claire entre l’État, la Région, les Départements, les Etablissements publics territoriaux et les Communes. Les citoyens ont du mal à s’y retrouver !

La loi NOte « manque de cuisson », son avantage est d’obliger les 131 communes qui composent la Métropole du Grand Paris à travailler ensemble sur des compétences partagées.

Il aurait fallu que les territoires aient une indépendance dans la gestion de leurs compétences transférées par les communes et que la MGP en assure la coordination au plan stratégique. L’histoire reste à écrire…

Nous sommes donc au début de l’aventure métropolitaine et une façon de mesurer les difficultés de travailler ensemble est celle des berges de la Seine. La Ville de Paris a décidé, sans concertation avec la banlieue et particulièrement les villes qui composent notre territoire, de fermer les berges à la circulation, ne tenant pas compte de l’enquête publique et de l’avis négatif rendu par l’autorité environnementale autonome sur la qualité de l’air. Faire passer 40 00 véhicules par jour des berges de Seine à la voirie parisienne voisine n’améliore en rien la qualité de l’air des parisiens, bien au contraire. Les automobilistes piégés, perdent de nombreuses heures dans les bouchons, un problème pour les acteurs économiques et une fatigue supplémentaire pour ceux qui n’ont pas d’autre choix !

Avec mes collègues, au nom du territoire ParisEstMarneBois, j’ai déposé un recours sur la forme et le fond contre la déclaration de projet de l’arrêté municipal parisien.

Nous sommes mobilisés sur un projet collectif d’amélioration de la qualité de l’air respiré quotidiennement par nos concitoyens, qu’ils soient parisiens ou banlieusards, mais nous demandons un moratoire de 2 ans à la maire de Paris pour mettre en œuvre des solutions alternatives de déplacements.

Parlons maintenant de Nogent !

L’équipe municipale et l’administration communale ont réussi, en 2016, l’exploit de maintenir la qualité des services à la population, tout en absorbant les baisses brutales des dotations de l’État qui avaient été affectées aux communes pour les compétences transférées dans le cadre des lois de décentralisation.

Comme les autres collectivités, nous avons vécu comme une spoliation ces décisions mettant en péril la qualité des services publics et la nécessité d’investir pour assurer l’avenir. Il est à noter que la baisse des investissements de près de 20 % a entraîné le report de certains projets, avec des conséquences non négligeables sur nos entreprises partenaires, notamment sur les emplois.

L’évolution de notre gestion, face à cette réduction de recettes imprévue, n’a heureusement pas été improvisée car, dès 2014, nous avons entrepris une véritable révolution dans notre organisation et nos systèmes de contrôles et d’alertes recettes / dépenses.

Quelles ont été nos méthodes ?
• L’implication plus importante des chefs de service dans la préparation et l’exécution des opérations.
• Le partage des données et informations sur des thématiques précises, impliquant plusieurs services pour la mise en œuvre. La transversalité étant de plus en plus retenue pour une approche coopérative de la gestion du quotidien.
• La mutualisation des moyens entre services en recherchant les complémentarités, les convergences des données et des modes opératoires.
• La numérisation progressive de nos opérations pour permettre, entre autres, un usage en ligne des données sécurisées.
Nous entrons dans la ville connectée, en interne et avec vous, les Nogentais, par une gestion optimisée de la relation citoyenne.

Nous allons poursuivre ce travail d’optimisation des services par la mise en œuvre de nouvelles technologies et d’outils numériques, associée à un plan de formation spécifique des élus et des agents territoriaux concernés quelles que soient leurs catégories.

Dans le même temps, nous allons poursuivre notre partenariat avec le secteur privé, dans le cadre de délégations de services publics, tout en veillant à ce que le conseil municipal « garde la main » sur la politique tarifaire des délégataires. Aujourd’hui sur 6 crèches, 3 sont en délégation, l’hôtel Nogentel est en gestion privée, le centre nautique vient de passer à une nouvelle forme de gestion privée associée à un plan d’investissements du délégataire de 7 millions et demi d’euros. Le port de plaisance est aussi sous gestion d’une entreprise privée spécialisée, qui est présente sur les ports parisiens de l’Arsenal et de La Villette. C’est aussi le cas de la restauration scolaire et, prochainement du stationnement avec un investissement conséquent comme celui de la construction du parking Nogent-Baltard.

Je citerai également notre office d’HLM qui est confié sous forme d’un bail emphytéotique au bailleur départemental privé Valophis, avec à la clé un investissement de plus de 10 millions d’euros de travaux de requalification des immeubles et des logements.

Vous avez compris que, tout en protégeant notre modèle de vie nogentais, nous travaillons sur la ville de demain, sa transition énergétique et écologique, dans une approche métropolitaine.

Tous les experts mondiaux s’accordent à reconnaitre un fait irréversible : le XXIème siècle sera le siècle des villes, le siècle des grandes métropoles.
Les centres urbains n’ont jamais été aussi peuplés, d’ici 10 ans 75 % de la population mondiale sera dans des villes, de plus en plus dévoreuses de ressources, sans durabilité écologique si nous laissons les choses se faire sans régulation.

La renaissance de la ville est une évolution continue, favorisant la croissance et l’innovation. Verte, calme, propre, sûre et connectée, la ville de Nogent de demain devra répondre à des exigences de haut niveau qui réclament des concepts technologiques en adéquation avec les besoins et les attentes de ses habitants.
C’est vers un système urbain polycentrique que la « ville intelligente » nous conduira au sein d’une forme multipolaire de métropole caractérisée par de petits centres urbains au lieu d’une mégapole déshumanisée !

Le décentrage de la production d’énergies renouvelables, l’économie circulaire et l’économie numérique permettront une dédensification de nos villes et un rapprochement habitation / emploi / activités / loisirs dans un concept redécouvert et adapté des villes du XIXème siècle.

Aujourd’hui, Nogent la ville connectée, demain Nogent la ville intelligente !

Pour conduire cette évolution, cette mutation, il nous faudra créer, cette année, un conseil de recherche et d’innovation, dans lequel seront associés nos conseils de quartier et un certain nombre de Nogentais.

Les projets 2017-2020

Les travaux du stadium Christian Maudry viennent de commencer, avec pour objectif une mise en service au 1er semestre 2018. Ils représentent un investissement de 11 millions d’euros.

Les travaux du Centre Nogent-Baltard se poursuivent dans les conditions opérationnelles prévues avec, je dois le reconnaître, une gêne sensible pour les voisins du chantier que ce soit l’hôpital Armand Brillard, les commerces ou les habitants. Qu’ils se rassurent, les délais seront tenus sur les sites de part et d’autre de l’avenue de Joinville.

Quelques autres informations que je souhaite partager avec vous.

Le Contrat de mixité sociale est enfin signé entre la Ville de Nogent et la préfecture. Nous allons sortir de la carence en matière de logements sociaux, grâce à nos engagements pour les trois années à venir, avec 30 % de logements aidés. Notre pénalité liée à la loi SRU va revenir à un niveau normal, elle pourrait même diminuer selon l’importance de nos interventions en matière de surcharge foncière pour certains projets.

Nous souhaitons créer un espace de solidarité, en compléments au Centre Communal d’Action Sociale, accessible à tous en centre-ville. Cet espace abritera les permanences de certaines associations spécialisées en accompagnement social et une épicerie solidaire. L’association Nogent Solidarité aura la possibilité, avec ce projet, de développer ses aides et soutiens à celles et ceux qui sont confrontés à des difficultés de la vie.

Le cœur de ville et le commerce de proximité

Le développement économique de notre territoire se compose de plusieurs éléments : le tourisme, les entreprises, les métiers des industries créatives et le commerce de proximité.

Pour dynamiser le commerce et développer l’animation du centre-ville, cœur des emplois et de la vie locale, le projet cœur de ville est un projet majeur.

Ce projet, qui dépasse la simple reconstruction de la halle du marché, a pris du retard du fait de la disparition de la Communauté d’agglomération de la Vallée de la Marne au 1er janvier 2016. Il a fallu reprendre totalement le dossier de A à Z. Une nouvelle enquête de satisfaction et d’attentes de la clientèle est en cours. Il faudra attendre le dernier trimestre 2017 pour choisir les groupements partenaires de l’opération et procéder à un débat public sur le sujet pour recueillir vos avis.

Nous avons recruté un manager de centre-ville pour développer les relations entre la commune et les commerçants et acteurs économiques, dans le cadre d’une politique qualitative en matière d’offre commerciale, qui a déjà produit ses effets en matière d’attractivité.

Il ne peut y avoir de développement urbain, sans une installation préalable d’un réseau de fibre optique, en adéquation avec les besoins des acteurs économiques, des administrations et des habitants. Nogent a été ville pilote en la matière dans le Val-de-Marne, avec Charenton. Aujourd’hui, en 2017, les Nogentais peuvent se raccorder au réseau installé par Orange, qui couvrira la totalité de la ville avant l’été.

Nous mettons aussi en place des outils numériques destinés à faciliter la vie quotidienne de chacune et chacun d’entre vous. Je n’en ferai pas une liste exhaustive. Ces jours-ci, vous pourrez télécharger l’application citoyenne de la Ville de Nogent.

Pour conclure, je tiens à vous adresser en mon nom et en celui du conseil municipal, mes vœux les plus chaleureux pour vous, vos familles, vos proches et tous ceux qui vous sont chers.

Faisons le vœu que cette année porte nos espérances, dans un Monde nouveau, d’une Humanité plus solidaire et plus fraternelle.

Et, comme Lewis Caroll l’a fait dire à Alice : Si le monde d’aujourd’hui n’a absolument aucun sens, qui nous empêche d’en inventer, ensemble, un nouveau !