Les maires, en première ligne pour le changement climatique

Placer l’enjeu climatique au cœur de chacune des décisions des territoires !

Ce sont 1000 maires et élus locaux venus du monde entier qui vont se réunir toute la journée, aujourd’hui, à l’Hôtel de Ville de Paris, à l’invitation de la maire de la capitale, Anne Hidalgo, et de l’ancien maire de New York Michael Bloomberg. Ce Sommet des maires pour le climat, organisé dans le cadre de la COP21, va voir défiler à la tribune les maires des plus grandes métropoles, de Vancouver à Rio de Janeiro, d’Accra à Madrid, Stockholm, Milan… Il sera ouvert par le président de la République, François Hollande, et clôturé par le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. François Baroin, président de l’AMF, accompagné d’une délégation de l’association, est également présent à ce sommet.

Les maires qui viendront témoigner lors de cette journée porteront tous le même message : les élus locaux disposent d’outils concrets et efficaces – parfois même plus concrets et plus efficaces que ceux dont disposent les États, soulignait hier le maire de Rio, Eduardo Paes.

C’est également le message que veut porter l’AMF qui, parallèlement à toutes les manifestations organisées autour de la COP21, avait prévu de présenter lors de son congrès un «  Engagement des maires et des présidents d’intercommunalité de France pour le climat ». Contrainte de reporter son congrès pour cause d’attentats, l’association a néanmoins publié cet engagement, qui insiste sur cette idée de subsidiarité – chaque échelon a un rôle particulier dans la lutte contre le changement climatique : « Les États sont en première ligne pour mettre au point, au niveau mondial, les grands caps à suivre  », écrit l’AMF ; quant aux maires, ils « œuvrent en tant qu’acteurs locaux à la transformation écologique des territoires ». Le document invite les maires à s’engager à « placer l’enjeu climatique au cœur de chacune de (leurs) décisions », et à « puiser dans le vaste réservoir de mesures déjà expérimentées avec succès sur les territoires  ».

Toute une série de ces mesures sont listées dans le document de l’AMF, organisées autour de six axes : sobriété énergétique, développement d’une « culture commune » du développement durable, économie circulaire, urbanisme et mobilité, biodiversité, santé. Pour chacun de ces axes, l’association propose une série d’actions, déjà mises en œuvre dans un certain nombre de communes ou d’intercommunalités, souvent inspirées des Agendas 21 locaux ou des PCAET (Plans climat air énergie territoriaux) ou encouragées par la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte. En tout, ce sont quelque 140 actions concrètes qui sont proposées, la liste n’étant « ni exhaustive ni limitative  », souligne l’association.

L’objectif de cet « engagement des maires » est de montrer que les outils existent ; mais aussi de demander à l’État de ne pas étouffer les communes sous le poids des normes et des contraintes financières, « qui compliquent et freinent » les initiatives des maires. Car il existe quand même aujourd’hui un fossé entre les intentions affichées par les États – et l’État français en particulier – dans les réunions de la COP21 et le fait que la diminution des moyens alloués aux collectivités brident les possibilités d’agir de celles-ci.

Rien ne dit aujourd’hui que la COP21 va aboutir à un accord contraignant à l’échelle planétaire. Mais localement, en France, le gouvernement a aussi la possibilité de mettre ses actes en accord avec ses intentions.