La dette française fonce tout droit vers les 100% du PIB

Contre toute attente, Moody’s a décidé de maintenir la note Aa1 de la dette française, soulignant la volonté politique affichée d’accélérer les réformes. Mais pas de quoi pavoiser pour autant.

Enfin, une bonne nouvelle pour François Hollande. -Contre toute attente, l’agence Moody’s a décidé, le 19 septembre, de maintenir la note Aa1 de la dette française et de ne pas la dégrader d’un cran supplémentaire, soulignant la volonté politique affichée d’accélérer les réformes. Pas de quoi pavoiser pour autant. L’agence maintient la France sous surveillance négative, regrettant que la mise en œuvre concrète de ces réformes soit, pour l’instant, laborieuse. Surtout, le gouvernement ne parvient plus à réduire le déficit, qui atteindra 4,4% du PIB fin 2014. Résultat : l’Insee devrait annoncer, le 30 septembre, que notre dette a franchi la barre symbolique des 2 000 milliards d’euros. Pis, le projet de loi de finances, présenté le 1er octobre, indiquera qu’elle se rapprochera dangereusement des 100 % du PIB dès l’an prochain.

Leçon n° 1 : Explosion

La dette publique française a été multipliée par 27 depuis 1978. La dégradation des comptes s’est fortement accélérée depuis la crise financière de 2008, la dette ayant grimpé de 25 points de PIB. A la différence de l’Allemagne, la France n’est toujours pas parvenue à inverser la courbe, le déficit public se maintenant au-delà des 4 % du PIB.

Leçon n° 2 : Jonction

Les deux courbes ne cessent de se rapprocher, et pourraient même se croiser avant l’élection présidentielle de 2017, si la croissance ne repart pas. La France entrerait ainsi dans le cercle restreint de pays riches qui vivent avec une dette dépassant les 100 % du PIB, comme les Etats-Unis, le Japon ou l’Italie.

Leçon n° 3 : Décorrélation

A l’exception d’une quasi-stabilisation en 2006, la dette a progressé en valeur absolue chaque année depuis 1978, que la France soit en récession ou en croissance. Un signe de pusillanimité de nos gouvernants, incapables de réduire sensiblement le déficit quand la conjoncture le permet.

Source : http://www.challenges.fr/