Les élections européennes sont une défaite historique du parti socialiste et de ses alliés

¼ des votes se sont portés sur les candidats du Front National, soit 1 électeur sur 8 en France.

Cette sanction vise d’abord la politique du Président de la République et de son Gouvernement à laquelle vient s’ajouter un euroscepticisme des Français qui ne date pas d’aujourd’hui.

Rappelons-nous le référendum sur Maastricht qui a coupé la France en deux. Je note cependant qu’on n’a pas 25 % de fascistes en France, on a des Français qui considèrent ne pas avoir été compris et entendus par un pouvoir qui reste autiste aux signes qu’ils lui adressent, notamment lors des dernières élections municipales.

Par ailleurs, l’UMP qui, de par ses résultats, est le seul parti à avoir résisté plus qu’honorablement à la poussée des votes Front National, doit vite régler ses problèmes internes car les querelles de pouvoir et ses difficultés de gestion la mettent dans un état de faiblesse jamais égalé alors qu’elle a toutes les capacités et l’oreille attentive des Français pour, avec le Centre, représenter un recours crédible tant au plan de la politique nationale qu’à l’échelon européen ; il n’y a qu’à se rappeler le rôle qu’a joué la France, au niveau de l’Union Européenne, au travers de son Président, lorsque la crise financière et économique a touché notre continent.

Je suis particulièrement inquiet, suite à l’intervention du Premier Ministre qui, commentant les résultats de ce scrutin, déclare qu’on ne change rien aux orientations décidées par le Président de la République et le Gouvernement, ne répondant pas ainsi à la détresse sociale, à la perte de confiance qui ont conduit un certain nombre de Français vers un vote sanction contre la dite politique. On est au fond de la piscine, on creuse, on fonce dans le mur et on accélère. Le temps est venu pour le Président de la République de regarder la France telle qu’elle est et de prendre ses responsabilités plutôt que de poursuivre une mystification faite de manœuvres et de manipulations qui se contredisent les unes aux autres.

La politique de l’autruche va nous conduire, si elle continue, au séisme que tout le monde redoute. Le sujet de demain, c’est sortir de la crise. Cela passera par un retour de la confiance dans les responsables politiques et pour les partis de gouvernement une réforme drastique de leur mode de fonctionnement basé sur l’amélioration de leur organisation en mettant au cœur de leur fonctionnement les militants et les Français en renforçant au sein de leurs équipes de direction la cohésion et l’unité de vue et d’objectif en affirmant de façon plus claire et courageuse les valeurs qui portent leurs propositions.

Ce soir, la victoire du Front National ne lui profitera pas dans la mesure où les Français qui ont voté pour ses candidats ont été pris en otage car, au plan européen, rien ne devrait changer. Cette victoire pour rien ne doit pas être ignorée car leur déception pourrait avoir des conséquences importantes sur le fonctionnement de notre démocratie. Avant d’avoir la prétention de changer d’Europe, ayons le courage de modifier le fonctionnement de nos institutions.

Les résultats de ce scrutin démontrent que ces partis ne sont plus aujourd’hui à la hauteur des espérances des Français. Il est temps qu’ils s’en aperçoivent.

On ne pourra pas repartir dans nos querelles franco-françaises comme si le 25 mai, il ne s’était rien passé.

Deux articles :
L’UMP tient tête au Front en Ile-de-France (article Première Heure) :
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Le FN en tête dans un tiers des villes (article du Parisien - 26/05/14) :

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