La mobilisation contre la réforme des rythmes scolaires s’amplifie

Un nombre croissant de communes proteste de façon officielle auprès du gouvernement, via les vœux des conseils municipaux, contre la réforme des rythmes scolaires imposée par l’Etat.

Cette dernière, imposée par décret, était applicable à la rentrée 2013, avec une possibilité de report à la rentrée 2014, ce qu’a fait la commune de Nogent afin d’étudier la faisabilité, en concertation avec les parents.

Aujourd’hui, de nombreuses communes voisines de Nogent : Bry, Le Perrreux, Joinville, Saint-Mandé, Charenton, Saint-Maur, Saint-Maurice, Vincennes, Rosny sous Bois… se rebellent également contre les décisions prises unilatéralement par le gouvernement et qui, pour les communes qui les ont déjà appliquées, semblent mécontenter tout le monde. C’est Véronique Delannet, adjointe au scolaire qui suit ce dossier difficile aux côtés de Jacques JP Martin.

Comment faire face à la dépense supplémentaire ?

La dépense supplémentaire pour les communes est importante, pour Nogent elle est évaluée à environ 200 000 €. L’extension du fonds de soutien de l’État à l’ensemble des communes pour 2014, annoncée par le Premier ministre, est loin de couvrir le coût total induit. De plus la question du financement demeure pour les années suivantes.

Jacques JP Martin a décidé de ne pas inscrire une dépense supplémentaire au budget 2014, sachant qu’il ne veut pas augmenter les taux des impôts locaux, le ras le bol fiscal face aux augmentations étatiques de toutes sortes est déjà difficile à supporter !

Des problèmes de recrutement

À l’aspect financier, s’ajoute une grande complexité en termes d’organisation que ce soit en locaux et en personnels. Les possibilités de recrutements d’animateurs qualifiés sont un élément essentiel de la réussite de cette opération (c’était l’une des raisons majeures de la grève récente des animateurs, qui ne veulent pas voir « brader » leur savoir-faire). Beaucoup de communes rencontrent des difficultés à pourvoir les postes nécessaires.

L’intérêt de l’enfant n’est pas pris en compte

Plus grave encore, le bien-être de l’enfant n’est pas au rendez-vous ! Les premiers retours d’expérience mettent en avant une fatigue importante des enfants, alors que le débat sur les rythmes chrono-biologiques ne semble pas tranché. Par ailleurs, une désorientation des plus jeunes enfants est constatée, face à la multiplication des intervenants dans l’école. Ainsi, ce sont les fondements de la réussite scolaire de l’enfant qui apparaissent menacés par une mise en œuvre rapide et sans concertation de la réforme.

Une désorganisation des rythmes familiaux

Les familles qui souhaitent partager avec leurs enfants ce nouveau temps libéré doivent organiser au quotidien leur temps de travail autour d’une sortie d’école plus tôt dans la journée (15 h 45 est la situation dans la plupart des organisations mises en place). L’application de la réforme pourrait ainsi obliger l’un des deux parents à diminuer son temps de travail. La structure familiale peut également être touchée lorsque les parents sont séparés, ou lorsque les grands-parents accueillent leurs petits-enfants le mercredi toute la journée. Ajoutons également la difficulté de continuer la pratique d’activités en dehors de l’école (sport, musique et autres) qui étaient au programme de bien des enfants le mercredi !

Cette réforme, attendue car beaucoup s’accordent à dire que les rythmes scolaires actuels ne sont pas la panacée, annoncée comme un nouveau bien-être pour l’enfant, semble donc s’embourber dans l’insuccès et la complexité. Elle sera l’un des enjeux de la politique de la famille à court terme.

Avec ses collègues maires, Jacques JP Martin exige un moratoire et une réelle concertation, sur la base d’un droit à l’expérimentation respectant la spécificité des territoires.